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Les aires Protégées :
La Tunisie, ayant pris conscience de la nécessité de protéger les écosystèmes contre les risques d’aggravation de leur état de dégradation, a progressivement mis en oeuvre une politique de sauvegarde et de conservation de ses ressources naturelles. A cet effet, des aires protégées ont été créées comme moyen de protection de certains sites naturels afin d'éviter que les patrimoines végétaux et animaux qu’ils abritent ne soient dénaturés ou altérés.
Durant les premières années de l'indépendance, les initiatives sont restées timides malgré l'établissement en 1967 d'une liste de sites d'importance écologique particulière dont l'Ichkeul, le Chaâmbi et le Bouhedma. Entre les années 80 et jusqu’au début des années 90, la Tunisie a créé huit parcs nationaux totalisant près de 201.797 ha ainsi que 16 réserves naturelles couvrant 16.138 ha. A ces aires protégées sensu stricto, s’ajoute 4 réserves de faune totalisant 760 ha et des réserves de chasse créées sur près d'un million d’ha ; ces espaces se trouvant rigoureusement protégées par une réglementation et des services de surveillance permanents.
En 2007, le Ministère de l’Agriculture et des ressources hydrauliques a entamé la procédure réglementaire pour la création de 20 nouvelles aires protégées dont 9 parcs nationaux et 11 réserves naturelles. Leurs importances spatiales demeurent non définitivement déterminées.
Grâce à ces aires protégées, un grand nombre d'espèces végétales a pu se développer et se reproduire alors que certaines autres ont réapparues, cela a été le cas de l'Acacia raddiana, espèce relique du climax des zones arides des steppes du Nord du Sahara, qui a pu coloniser de nouveaux espaces avec son cortège floristique. Cette remontée biologique, accompagnée d'une production de semences rares, a permis de réintroduire l'espèce dans d'autres localités où elle a auparavant existé.
Par ailleurs, les programmes de reconstitution de l'habitat et de protection des espèces animales ont permis de sauvegarder et de réintroduire des espèces comme le cerf de Berbérie, le buffle d'eau, le mouflon à manchettes, les gazelles, l'addax, l'oryx, l'autruche, la pintade de Numidie, etc...
Il y a lieu de noter que de nombreux écosystèmes du pays sont représentés par un Parc National ou une Réserve Naturelle, ou encore une aire tombant sous la protection d’une loi, en particulier le code forestier de 1988 et la loi organisant et réglementant la chasse.
Sous le contexte actuel, l'adéquation entre les rôles assignés aux aires protégées et les moyens qui sont alloués à leur gestion est elle assurée ?
D’abord, précisons que la plupart des entités retenues ne sont que rarement et/ou partiellement peu ou pas transformées par l’homme, comme le stipule la définition donnée aux aires protégées par le Code forestier, unique texte réglementaire national donnant une telle définition. Certains se trouvent même fortement perturbés. Néanmoins, tous présentent, à des degrés variables, des intérêts bio-écologiques indéniables pour justifier suffisamment leur choix.
Il s’ensuit que pour remplir pleinement les missions leur revenant, elles doivent connaitre une gestion qui ne s’attellera pas uniquement à la conservation, mais aussi à la réhabilitation. Or une telle gestion requiert des moyens aussi bien humains que logistiques et matériels suffisamment importants pour joindre les objectifs retenus pour de tels espaces et accompagner l’évolution que leur implique les nouvelles perceptions et nouvelles approches s’y rapportant dont la valorisation écotouristique de la conservation.
Dans une perspective positiviste, on soulignera que la gestion assumée jusqu’ici est parvenue, avec les moyens qui lui sont accordés à amorcer la réhabilitation des écosystèmes, beaucoup plus par la conservation rigoureuse des espaces (clôture). Elle est même parvenue à reconstituer des populations dont l’espèce a connu à stade de menace avancé, tel que le cerf de Berbérie et à réintroduire des espèces complètement disparues tel l’Addax et l’autruche. Néanmoins, cette gestion demeure insuffisamment dotée de moyens humains, alors qu’elle requiert des compétences techniques et scientifiques de haut niveau. A cet effet, il y a lieu de définir le rôle et les fonctions du conservateur d'un Parc National par voie réglementaire, d'assurer sa formation technique et scientifique pour lui permettre d'accomplir correctement ses missions, car un parc national, par ses objectifs, ses fonctions environnementales, sa complexité (obéissant à des lois nationales et à des conventions et règles internationales), diffère, dans sa gestion et son administration, d'un massif forestier.
De plus, la coordination entre les institutions ayant à charge la conservation de la nature et de l'environnement parait faible tant entre elles qu’avec celles développant ou entreprenant des activités de recherche scientifiques s’y rapportant. Les parcs et Réserves n'ont-ils pas été créés pour observer la nature dans des conditions nouvelles, loin des perturbations artificielles.
Sur un autre plan, la gestion de ces aires continue à se faire sans les préalables désormais incontournables ; en l’occurrence la participation des populations riveraines afin de prendre suffisamment en compte leurs intérêts et les problèmes qu’ils posent, les plans de gestion, les plans d’interprétation, etc… Seuls 3 parcs nationaux ont bénéficié de l’élaboration de plans de gestion.
En outre, il y a lieu de relever l'absence, dans la réglementation en vigueur et dans les études afférentes aux aires protégées, des références à même de permettre l’organisation de leurs espaces en zones à statuts différencié ; un tel zonage permettra de hiérarchiser les objectifs et les fonctions des parcs en particulier et d'éliminer certaines ambiguïtés ou conflits d'intérêt. La réglementation du Parc doit être adaptée et en harmonie avec le zonage.
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