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Écosystèmes
Index de l'article

Examen du contexte actuel et tendances probables d'évolution des différents écosystèmes sous le contexte actuel :

Caractérisation des écosystèmes :

Les écosystèmes/entités naturelles identifiés et décrits se caractérisent par un état de conservation inégal, par une richesse biogénétique différenciée et par un potentiel économique variable selon les régions. Ils représentent néanmoins un patrimoine naturel d’une richesse exceptionnelle composée de ressources marines, forestières, pastorales, agricoles, et de paysages montagnards, littoraux, steppiques et sahariens variés.

Représentativité des écosystèmes naturels :

Les entités des milieux continentaux en particulier, telles que présentées, ne sauraient correspondre de manière irréfutable aux écosystèmes. En effet, ces derniers n’ont été abordée, à vrai dire, que par composante, très rarement de façon intégrée et c’est alors selon des points de vue de systèmes de productions et/ou systèmes de conservation, essentiellement les systèmes agro-écologiques, les formations forestières, les zones humides, les zones sensibles, les réserves naturelles. C’est dire que la connaissance de la diversité ecosystémique du pays n’est qu’à peine amorcée. Aussi, appelle-elle à une consolidation accrue, comme l’a bien recommandé le plan d’action pour le renforcement des capacités en biodiversité.

En dépit de cette situation, la gestion de la biodiversité continue à se faire par référence à des entités plutôt biogéographiques.

Diversité biologique et état de conservation des écosystèmes naturels :

La position géographique de la Tunisie, située entre le Sahara et le bassin Méditerranéen, lui confère une diversité paysagère remarquable ainsi qu’une richesse notable de ses ressources biologiques. En effet, la flore et la faune sont à l’origine d’une diversité biogéographique contrastée. En quelques centaines de Kilomètres, on passe, du Sud au Nord, d'un paysage saharien à une forêt dense de chêne liège où abondent la faune et la flore, et d’Ouest en Est, de paysages montagneux et forestiers à des paysages côtiers faits de plages et parfois de forêts littorales. En outre, la Tunisie est bordée sur près de 1300 Km par la Méditerranée qui lui offre une autre composante naturelle appréciable. Cette bande côtière est ponctuée du Nord au Sud par de nombreuses îles, de lacs et de lagunes marins.

Dans les montagnes arrosées du Nord-Ouest, "la Khroumirie", se localisent les forêts où dominent le chêne Zen et le chêne-liège avec leurs cortèges caractéristiques de plantes de sous-bois et d'espèces animales. La forêt de Chêne Zen, l'une des meilleures Zenaies d'Afrique du Nord, comporte dans sa couverture végétale plusieurs espèces endémiques, et est protégée dans le cadre du Parc National d'El Feija à la frontière tuniso-algérienne.

Au Sud des Khroumirie-Mogods, le Haut Tell se compose de montagnes basses et de dépressions et plaines enserrées où prédomine la culture des céréales. En zones d’altitude se développent encore une flore et une faune sauvages relativement riches.

Plus au Sud de la Tunisie Tellienne, s’étend la Dorsale qui coupe le pays selon une orientation Sud-Ouest/Nord-Est, en deux ensembles naturels caractéristiques. Elle abrite des écosystèmes très riches et variés, allant des formations à prédominance de chêne vert aux sommets du Dj. Chaâmbi, à la forêt de pin d'Alep à plus basse altitude, jusqu’aux stades ultimes de sa dégradation comme les formations de steppes d'Alfa. Vers sa limite Nord-Est on trouve la tétraclinae la plus étendue du pays.

Au Sud de la Dorsale et au Nord de l’Atlas saharien, s’étendent les vastes plateaux des hautes steppes de l’intérieur et des basses steppes littorales, avec d’immenses vergers d’oliviers et quelques vestiges des cortèges floristiques des steppes. Ces espaces, presque plats, abritent un grand nombre de sebkhats, de surfaces variables, qui donnent à ces régions leur cachet spécifique en contraste avec l’aridité locale.

Plus au Sud de l’Atlas Saharien, les steppes subdésertiques offrent un paysage marqué par le Rantherium suaveolens ponctué par les oasis, puis le Sahara du Sud-Ouest avec ses dunes de sables qui s'étendent à perte de vue, où l’on trouve des espèces végétales et animales ayant développé une capacité d'adaptation remarquable.

Ainsi, la Tunisie renferme un patrimoine bio-écologique terrestre et maritime riche et varié. Cependant, son état de conservation est variable selon les régions du pays. En effet, la nécessité de protection des ressources naturelles, notamment les ressources biotiques, n’a été ressentie avec la force et la rigueur actuelles qu’au bout d’un long cheminement, même si, depuis le début de l’indépendance du pays, d’importants programmes de réhabilitation et de restauration des ressources biotiques ont été initiés . A cela s’ajoute le fait que depuis longtemps, les activités humaines se sont étendues à tous les espaces du pays pour exploiter les ressources naturelles disponibles. L’accroissement démographique de la population, et partant, de ses besoins, a conduit aux dépassements des seuils d’équilibre entre les ressources productives des écosystèmes et la demande sociale. Ces dépassements ont conduit à l'adoption de modes peu rationnels d’exploitation des ressources.

Ainsi, d’importantes superficies forestières et steppiques ont été défrichées par les populations rurales tant pour la mise en culture des terres que pour l’exploitation de la végétation comme source d’énergie ou comme ressources fourragères. Ces défrichements se sont produits à différentes époques de l’histoire du pays. D’un autre côté, les efforts de protection, à travers les activités d’aménagement sylvo-pastoral, de reboisement, de conservation des eaux et du sol, ainsi que d‘aménagement de parcs nationaux et d’aires protégées, ont permis, dans une certaine mesure, de contrecarrer les tendances de dégradation sans toutefois parvenir à renverser la situation.

Cette situation fait que présentement, la plupart des écosystèmes se trouvent plus ou moins perturbés et menacés de dégradation. D’une manière globale, leur état de conservation caractérisé dans les chapitres réservés aux aires protégées.

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