|
Page 19 sur 29
Les herbiers de Posidonia oceanica :
C’est l’écosystème typique de la Méditerranée. Il représente un grand pôle de diversité biologique. Le magnoliophyte Posidonia oceanica est une espèce endémique. Elle vit dans une frange littorale depuis le rivage jusqu’à la limite inférieure de l’infra littoral. Il a été démontré que 20 à 25 % des espèces méditerranéennes habitent dans les herbiers de posidonies. Dans la bibliographie, on cite plus que 400 espèces végétales et 1000 espèces animales vivant au sein des ces herbiers d’une manière fixée sur les rhizomes, les feuilles de Posidonia oceanica. L’état de cet écosystème en Tunisie et plus particulièrement dans le Sud Est de Tunisie est fragile pour diverses causes :
- Causes directes (moyens mécaniques arrachant les rhizomes de la posidonie, déstabilisent la nature du substrat, diminution de transparence de l’eau, etc.) ;
- Causes indirectes du fait que les posidonies succèdent généralement aux prairies des caulerpes et de zostères contribuant à la fourniture de la matière organique (humus) nécessaire, entre autres, au développement des herbiers des posidonies. Ces prairies, elles-mêmes, ont été fortement réduites à cause du chalutage.
Les différents travaux d’exploration et de cartographie des herbiers sont rares, discontinues dans le temps et inégalement réparties dans l’espace. Les plus importants herbiers recensés sont ceux du golfe de Gabès et à un degré moindre celui du golfe de Tunis.
Le coralligène :
Le coralligène, constitué par un concrétionnement d'algues calcaires corallinacées sciaphiles colonisées par un grand nombre d'espèces animales (Eponges, Ascidies, Bryozoaires, Cnidaires…), constitue le pôle principal de la biodiversité marine en Méditerranée, entre 1400 et 1600 espèces macro-benthiques y ont été signalées, contre 1000 espèces signalées dans la biocénose de l’herbier à posidonie. Il constitue les plus beaux paysage sous marin de la Méditerranée.
En Tunisie, cette biocénose peut se rencontrer soit sur la roche littorale soit sur la roche du large. Elle se rencontre aussi sur substrat meuble (fonds à maërl) formé par un détritique grossier et concrétionné par les algues corallinacae du genre Néogoniolithon et ou les éponges de la famille Clionidae présentent un faciès prédominent entre 35 et 65 m de profondeur. Phénomène nouveau, l’algue verte Caulerpa racemosa côtoie Fabiola petiola et lui dispute même l’espace à coloniser (coralligène sur détritique au cap bon, Zembra, Banc Hallouf, etc.). C’est sous cette dernière forme (fonds à maërl) que le coralligène est soumis à l’action dévastatrice des chaluts, puisque ce substrat est meuble, permettant donc le chalutage.
Cette biocénose occupe des grandes superficies dans la région nord de la Tunisie, elle est principalement représentée sous les trois formes communes, à savoir le coralligène de plateau, le coralligène de substrat dur littoraux ou du large, et enfin le coralligène du détritique côtier.
Ces fonds constituent un véritable écosystème pour la conservation de la biodiversité. Il se place juste après l’herbier de posidonie du point de vue richesse spécifique. Ils jouent un rôle d’équilibre de l’environnement marin en assurant:
- Un contrôle morphologique du fait que les fonds coralligènes protègent le rivage des actions des vagues et des houles et possèdent une influence sur les masses d’eau et déterminent le sens du courant des fonds et de surface.
- Un contrôle biologique assuré par plusieurs rôles : un premier rôle grâce à la bio minéralisation des carbonates, rôle d’abri pour les organismes vagiles (invertébrés et poissons) et sessiles (algues utilisées par les broûteurs,. bryozoaires,…) et enfin un rôle trophique par la libération de la matière organique sous forme particulaire ou dissoute utilisée par la suite par les espèces pélagiques.
- Un contrôle sédimentaire: notamment par les organismes biodestructreurs libérant une quantité importante de sédiment qui se disperse sur de grandes étendues.
|