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Écosystèmes
Index de l'article

Les écosystèmes oasiens :

Les oasis se localisent le long des cours d’eau et sources du nord du Sahara. Les oasis couvrent plus de 75 000 ha.

Les écosystèmes marins :

A travers les 77000 km² d’étendues sous-marines de la Tunisie, et les 1670 km des cotes figurent plusieurs écosystèmes et biocénoses caractéristiques dont les bancs, les herbiers et le coralligène, les lagunes littorales et les milieux insulaires

Les bancs submergés :

Les bancs marins constituent parfois des montagnes sous-marines qui s’élancent du fonds de la mer vers sa surface (Banc Sorelles, Speiss, Mezzariles, Esquerquises…), qui permettent de comprendre les modèles de la diversité biologique marine à cause du rôle clef qu'ils peuvent jouer dans le maintien de cette diversité. Ils ont souvent un haut degré d'endemisme, c'est-à-dire d’espèces uniques ou locales, et peuvent également jouer un rôle important :

  • comme points chauds de spéciation,
  • dans la dispersion des espèces,
  • ou bien comme refuges pour certaines espèces.

Les bancs marins sont des secteurs de haute productivité biologique qui peuvent soutenir la pêche commerciale créent un environnement hauturier distinct, en augmentant le flux actuel à travers le fond de la mer; par conséquent, des communautés benthique hauturières uniques peuvent s’y développer, dominé par des filtreurs tels que les éponges et les coraux. Les poissons s'agrègent dans ces secteurs.

Ces bancs de la région nord, contiennent donc une faune diverse, dont une haute proportion n'a pas été signalée ailleurs. La faune, fortement vulnérable au chalutage, possède un taux lent de rétablissement de la perturbation. En outre d’autres caractéristiques font de ces bancs marins un secteur d’étude de plus en plus intéressants, c’est ceux relatifs à leur large distribution au large des côtes nord de la Tunisie, leurs grandes exigences des conditions physico-chimiques et le fait qu'ils constituent des unités quasi-indépendantes (comme des îles) ; d’ailleurs, ils ont un fort parallèle avec la biogéographie des îles.

Parmi ces bancs celui de Hallouf est parmi les plus riches, il est situé à l’est de Monastir, ce banc est constitué par des zones rocheuses formées par des blocs rocheux très étendus et hauts de 8 à 12 m reposant par 45 m de fond. Autour de ces roches, le fond, situé entre 39 et 45 m de profondeur, est constitué par un substrat meuble grossier, à gros débris coquilliers et à « maërls » d’un diamètre moyen de 10 à 12 cm (algues corallinacées calcifiées : Lithotamium sp.) nombreuses. Ce substrat meuble est recouvert par un dense « manteau » de pheophycae avec un recouvrement horizontal de 93 % en moyenne. Nous avons aussi noté la présence d’une thermocline à 37 m de profondeur, faisant passer la température de 24 °C à 20 °C. Plusieurs espèces et associations ont été signalées, dont la grande majorité est importante de point de vue conservation:

Les algues vertes d’affinités sciaphiles, Caulerpa racemosa et Udotea petiola, prolifèrent dans ce coralligène et forment des tâches de grandeurs variables (0,5 à 2 m²) :

  • Pheophycae représentent un dense couvert algal (du moins en volume) ; sous lequel se développe un important coralligène. Ils sont essentiellement représentés par Dictyota membranacea, Sargassum hornschuchii, Sargasum valgarae dont les thalles sont long de 15 à 35 cm, et Zonaria tournefortii. Asperococus bullosus (rare).
  • Rhodophycae sont représentées par un plus grand nombre d’espèces ; ils occupent souvent la sous-strate, étant donné leur taille moins imposante que celle des représentants des algues brunes. Nous avons identifiés les espèces suivantes : Fauchea repens, Galaxaura oblongata, Ptilophora mediterranea, Phyllophora nervosa, Vidalia volubilis, Chondrymnea lobata, Sebdenia dichotoma, Halarchnion ligatum, Halymenia sp. (thalle cartilagineux à surface « glissante »), Peyssonela rosa-marine, P. rubra, Litophylum expansum, Litothamnon sp.
  • Chlorophycae sont les moins bien représentées. Deux espèces dominent ce groupe par leur présence massive : Udotea (Flabellia) petiola, Caulerpa racemosa. Enfin une troisième espèce, aussi d’affinité sciaphile, a été rencontrée dans quelques stations, il s’agit de Palmophyllum crassum.

On note donc la présence d’espèces indicatrices, dans leur majorité, de la présence d’un peuplement a affinité fortement sciaphile, souligne l’importance de la biocénose coralligène au banc Hallouf. Par ailleurs, il est a souligné la présence de certaines espèces observées pour la première fois en Tunisie tel que la phéophycae Sargasum hornschchii (présente aussi à Zembra). En outre l’absence de phanérogames marines notamment Posidonia oceanica, alors que la profondeur et la luminosité ne lui sont pas défavorables, notamment sur l’étendue importante des aires horizontales des blocs rocheux (vers 35 m de profondeur) a été remarquée. D’autant plus que la zone des bancs se situe juste en amont des grandes régions à Herbiers de Tunisie (Plateau des îles Kuriat, Plateau des îles Kerkennah, littoral du Sahel, etc.).

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