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Écosystèmes
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Les écosystèmes montagneux :

A vrai dire, une typologie exhaustive des écosystèmes du pays demeure non établie. A son défaut, on présente les unités naturelles montagneuses qu’on soupçonne correspondre à des écosystèmes qui leur sont respectifs, eu égard les particularités bioclimatiques, édaphiques et même végétales (groupements végétaux) qui les différencient.

Ces unités sont présentées ci-dessous par système Montagneux ; en Tunisie quatre principaux systèmes montagneux étant distingués.

  1. Les Khroumirie/Mogods :
    • El Feidja, vaste massif forestier qui couvre plus de 20.000 ha qui comprend les plus belles forêts de chênes zene du pays et même du Maghreb, ainsi que la plus importante population du cerf de berbéris ; près de 3000 ha de ce massif sont érigés en Parc National ;
    • Ain Draham, très vaste massif forestier à base de forêts de chêne zeen et de chêne liège, avec d’importantes reconstitutions par enrésinement (pin maritime, pin pignon) ;
    • Tabarka, ensemble où en plus des subéraies et des cocciféraies, plutôt cantonnées aux dunes, il ya lieu de mentionner les pinèdes à pin maritime en peuplements purs ou en mélange avec le chêne liège, ainsi que les reconstitutions, particulièrement sur les dunes ;
    • Nefza, ensemble qui constitue un prolongement à celui antérieur pour faire la jonction avec les Mogods. Dans cet écosystème, la majorité des vallées et des pentes basses ont été mises en culture ;
    • Sejenane, où le chêne liège est remplacé par du chêne kermès et du maquis, en bonne partie reconstitués avec des résineux (pin maritime, pin pignon) et des eucalyptus ou transformés en prairies artificielles.
    • Ces ensembles comportent, en outre, des ripisylves à aulnes, frênes et parfois peupliers.

  2. Ensemble comprenant une série de 5 écosystèmes forestiers qui s’étendent d’Ouest en Est, ce sont :

  3. Le haut Tell :
    • De Ghardimaou au Kef,
    • Ensemble comportant des formations à oléo-lentisque, en basse altitude, relayées à partir de 400 à 500 par les formations à pin d’Alep et plus haut, à partir de 700 à 800 m par celles à pin d’Alep et Chêne vert ou des formations qui en sont issues par dégradation dont essentiellement les garrigues à romarin et parfois des maquis.

    • Du Kef à la Dorsale,
    • Ensemble où la majeure partie des terres sont mise en culture, le reste, montagneux et collinaire, surpâturé, comportant des associations végétales plus arides que celles à pin d’Alep décrites précédemment, où le pin d’Alep est s’associé au genévrier de Phoenicie et quand la dégradation est poussée, il cède les lieux aux garrigues à romarin.

  4. C’est un ensemble de montagnes et de hauts plateaux situés entre la Dorsale et la Khroumirie. Il comprend deux principaux écosystèmes types qui correspondant aux zones comprises entre Ghardimaou-Le Kef et entre le Kef-la Dorsale :

  5. La Dorsale tunisienne : Cet ensemble est représenté par onze écosystèmes correspondant aux principaux reliefs de la dorsale dont on donne cidessous les principales caractéristiques.
    • Djebel Chaâmbi :
    • Erigé en Parc national depuis 1980. Il se situe à 15 km à l’Ouest de Kasserine et culmine à 1.544 m, point le plus élevé du pays. Cette montagne comprend, en plus des substrats typiques de la Dorsale, des dépôts de zinc, de galène, d’hématite et des traces de houille.

      Le climat de Chaâmbi est différent de celui de Kasserine, et les précipitations y augmentent, selon un gradient altitudinal de 20 mm par 100 m d’élévation. Les plaines relativement sèches (semi-aride supérieur) contrastent avec le sommet subhumide qui reçoit une précipitation annuelle de 500 mm sous forme de pluie, grêle et neige, avec une humidité additionnelle à partir des nuages et du brouillard.

      Le sommet du Chaâmbi est occupé par une formation végétale où prédomine le chêne vert. En descendant en altitude, c’est le pin d’Alep qui devient dominant et, à la base, s’étend une steppe d’alfa. La gazelle des montagnes, le mouflon à manchettes, le sanglier, l’hyène rayée, le chacal, le lièvre, etc., sont parmi les espèces animales qui y vivent. De plus, plusieurs espèces de rapaces sont nicheuses dans le Parc, notamment le faucon pèlerin et le vautour percnoptère.

    • Djebel Bireno :
    • Situé à 35 km au Nord-Ouest de Kasserine, cette montagne culmine à 1.419 m. Son substratum géologique est dominé par les foramtions marneuses et à grès. Le bioclimat y est semi-aride supérieur.

      Les hauteurs sont couvertes de chêne vert en mélange avec le pin d’Alep et le genévrier oxycèdre. Plus bas, le pin d’Alep est prédominant en association avec les cistes et les genêts, ainsi que le genévrier de Phoenicie lorsque l’aridité augmente, sinon il cède la place aux formations à alfa ou celles à sparte lorsque les sols sont gypseux.

      Les espèces mammaliennes qui habitent le Djebel comprennent l’hyène rayée, le chacal, le renard, sanglier, le porc-épic, le hérisson, etc.. Parmi les oiseaux, on cite le faucon, la perdrix gambra, le grand corbeau et la chouette effraie.

    • Djebel Mghilla :
    • Situé à 10 km au Nord de Sbeitla, il culmine à 1.378 m. Les pentes sont rocheuses, et présentent plusieurs affleurements nus.

      Les associations végétales sont similaires à celles du Chaâmbi, mais le chêne vert y est rabougri et épars. Les animaux qui y vivent comprennent le sanglier, le chacal, le renard, l’hyène rayée, le lièvre, la tourterelle des bois, la perdrix gambra et la huppe fasciée.

    • Djebel Oueslat :
    • Il est situé à 40 km au Nord-Ouest de Kairouan et culmine à 895 m. La couverture végétale comprend du Pin d’Alep en voie de dégradation, de l’oléastre, le lentisque, le caroubier, le genévrier de Phénicie, le romarin, etc...Le Djebel est un site de nichage pour le vautour percnoptère, le faucon pèlerin et l’aigle botté. Nombreuses autres espèces de rapaces, d’oiseaux et de mammifères vivent sur le Djebel.

    • Djebel Serdj :
    • Il est situé à 20 km au Sud-Est de Siliana et à 60 km au Nord-Ouest de Kairouan. Il culmine à 1.357 m. La végétation est particulièrement riche sur le Djebel Serj où l’on rencontre, en plus du pin d’Alep et son cortège habituel, le chêne vert, le chêne liège, l’érable, le cyprès toujours vert, l’azerolier et le carroubier. Une importante population de chauves-souris habite l’une des grottes du Djebel.

    • Djebel Bargou :
    • Il est situé au Nord-Est de Serj et à 20 km à l’Est de Siliana. Il culmine à 1.268 m. Le Djebel comporte une rangée de falaises de 10 à 50 m de hauteur où des grottes ont été creusées.

      La végétation est très riche à Bargou. Les espèces à signaler sur ce site sont le chêne vert, le térébinthe, le genévrier oxycèdre et le caroubier.

      La faune du Djebel comprend, entre autres, l’hyène rayée, le porc-épic et les faucons pèlerins nicheurs.

    • Djebel Mansour :
    • Localisée à 20 km au Sud-Ouest du Fahs, cette montagne culmine à 678 m. Le bioclimat y est semi-aride inférieur à aride supérieur ; voire subhumide, sur les sommets

      Le Djebel est bien couvert de pin d’Alep. Le chêne vert y est clairsemé dans la forêt de pin et rarement seul. Dans les conditions plus sèches (versants sud), le genévrier de Phoenicie s’associe ave le pin. Parmi les espèces animales, on signale la présence du porc-épic et de l’hyène rayée.

    • Djebel Zaghouan :
    • Située au Sud de la ville de Zaghouan, cette montage culmine à 1.295 m. La neige est habituelle en hiver, et la pluviométrie moyenne annuelle, de 450 à 500 mm, est supérieure à celle enregistrée dans les régions environnantes.

      Le sommet est couvert par une strate herbacée basse, du type prairie. Le chêne vert prédomine autour du sommet et sur les pentes élevées du versant Nord. Une forêt de pin d’Alep domine la partie Ouest du Djebel. Les pentes basses sont couvertes de Pin d’Alep en voie de dégradation, ainsi que par les formations à oléo-lentisque et carroubier. Les espèces végétales particulières y rencontrées sont l’érable, le sorbier, le chêne kermès, le thuya de Berbérie et le térébinthe. Les espèces animales à signaler sont les rapaces nicheurs sur les rebords et falaises. On peut citer le vautour percnoptère, l’aigle royal et les faucons pèlerin et crécerelle.

    • Djebel Ressas :
    • Situé à 25 km au Sud-Ouest de Tunis, il culmine à 795 m d’altitude. Il est couvert par une forêt de thuya de Berbérie associée à des formations à oléo-lentisque. D’autres espèces sont présentes telles que le chêne kermès, le périploque, le thym, le philaire, le cyclamen de Perse, les genêts et les cistes. Djebel Ressas est connu pour être un site de nichage de plusieurs espèces de rapaces dont le faucon pèlerin, le vautour percnoptère et le faucon crécerelle.

    • Djebel Bou Kornine :
    • Il se situe à l’Ouest de Hammamlif, à 18 km au Sud de Tunis et culmine à 567 m. La pluviométrie annuelle moyenne y est d’environ 420 mm en basse montagne et atteint 660 à 700 mm au sommet.

      La majeure partie du Djebel est couverte par une forêt de thuya de Berbérie. La forêt comprend plusieurs autres espèces végétales dont les pins d’Alep et pignon, le caroubier, l’oléastre, l’arbousier, l’azerolier, le myrte, le chêne vert, le périploque, le cyclamen de perse, le câprier, le palmier nain ainsi que de nombreuses espèces d’Orchidées. La faune comprend des mouflons à manchettes (réintroduits), des sangliers, le porc-épic, la genette, le faucon pèlerin, le vautour percnoptère, la perdrix gambra.

    • Djebel Sidi Abderrahmane :
    • Il est situé dans la péninsule du Cap Bon. Il culmine à 637 m et est entouré de vastes plaines agricoles. La montagne subit l’influence maritime, ce qui modère sa température et accroît sa pluviométrie annuelle. Le brouillard y est fréquent et l’humidité de l’air élevée.

      La végétation y est dominée par les formations à thuya de Berbérie du côté Sud-Ouest du Djebel et de manière dispersée partout ailleurs. Le chêne vert existe à l’état clairsemé dans la forêt, et le chêne kermès domine la végétation littorale climacique. Le Chêne liège n’y persiste qu’à l’état relictuel dans de rares stations. Il y a aussi des maquis à oléo-lentisque, du peuplier (le long des cours d’eau), le pin d’Alep, la lavande, le romarin, les genêts et les cistes.

      Le Cap Bon est un site important pour les rapaces migrateurs, dont plusieurs s’arrêtent sur le Djebel pour se nourrir et se reposer.

  6. Les montagnes de la haute steppe :
    • Djebel Bou Ramli :
    • Il est situé à 25 km au Nord-Ouest de Gafsa, avec un point culminant à 1.156 m. Il est constitué de roches calcaires et est délimité au Nord par les steppes d’alfa, et au Sud par les sebkhats.

      L’alfa couvre la totalité de la montagne, en association avec les peuplements dégradés de genévrier de Phénicie et de chêne vert au sommet. L’armoise champêtre et le romarin s’associent à l’alfa sur les pentes plus basses. Une grande variété d’espèces, dont certaines sont rares, fait partie du cortège floristique de Djebel Bouramli.

      La faune est assez riche, mais la couverture végétale basse limite l’extension des grands mammifères dans la région.

    • Djebel Bou Hedma :
    • érigé en parc national depuis 1980. Il est situé à 85 km à l’Est de Gafsa et à 45 km à l’Ouest de la côte. Les massifs sont carbonatés avec des marnes et gypse. La montagne est entourée par des steppes. Le sommet de Bouhedma présente un bioclimat aride supérieur, lié à l’humidité fournie par les nuages bas.

      Les caractéristiques physiques et bioclimatiques de Bouhedma sont telles qu’elles lui donnent une végétation typique. En bas, ce sont les pseudo-savanes arborées à Acacia radiana ou leurs formations de dégradation et à partir des mi-pentes la végétation naturelle se compose de formations typiques de pin d’Alep et surout de leurs formations de dégradation.

      Les mammifères de la région se composent de la gazelle dorcas, du chacal, de la genette, du lièvre, du porc-épic, et de plusieurs espèces de chauves-souris. Les oiseaux sédentaires de Bouhedma comprennent l’aigle de Bonelli, le vautour percnoptère, l’aigle royal, le faucon pèlerin et le faucon lanier.

      Depuis sa gestion en Parc National, les formations à Acacia ont été non seulement conservées, mais aussi développées. En outre, nombreuses espèces animales exterminées depuis plusieurs décennies ont été réintroduites. Parmi celles-ci, on cite la gazelle dama M’horr, l’Addax, la pintade de Numidie et l’autruche.

    • Les monts de Matmata :
    • Cette chaîne de hauts plateaux et de montagnes basses se situe le long de la bordure Est du Grand Erg. La pluviométrie y varie de 300 mm à moins de 200 mm, ce qui est important par rapport aux milieux environnants. Les températures y sont plus clémentes.

      Les associations végétales du Nord de cette chaîne sont des garrigues dégradées de genévrier de Phénicie. Celles de la partie Sud sont différentes plus pauvres et plus dégradées. Le genévrier est dispersé sur ces montagnes et risque de disparaître. Le caroubier, l’oléastre, le lentisque, le périploque et le calycotome sont aussi clairsemés. Les espèces communes comprennent le romarin, le globulaire, le ciste et le thym. Le versant Sud porte des espèces indicatrices de milieux plus dégradés comme l’armoise blanche et l’alfa

      La faune comprend plusieurs espèces de rongeurs, dont le goundi, divers rapaces et quelques espèces de mammifères carnassiers (chacal, renard...).

      Les monts de Matmata constituent une barrière naturelle entre les steppes désertiques et le grand Erg Oriental, qui se continue en Lybie.

  7. Chacune de ces chaînes montagneuses, comporte un écosystème qui lui est propre.

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